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L’interview de Gérard Bru dans le magazine 7 Officiel

Gérard Bru en couverture du magazine 7 officiel

« Gérard Bru, le géant de la barrique

Pas de demi-mesure pour cet industriel reconverti dans la viticulture… Après s’être fait un nom dans le vin en transformant un terrain vierge de vignes en un domaine viticole d’exception, avoir su transformer des barriques ordinaires en œuvres d’art exposées dans le monde entier, Gérard Bru, l’infatigable, s’apprête à présenter, au Salon Vinisud, Barrik’Art, la barrique la plus grande du monde. Un objet dont il a eu le coup de foudre alors qu’il n’était que minot et qu’il réinterprète au gré de ses envies et de ses lubies.

[…]

À 67 ans, alors qu’il pourrait se contenter de gérer ses vignobles, il s’est pris d’une nouvelle lubie, celle de créer la plus grande barrique du monde. Une œuvre d’art qu’il sera possible d’installer sur un terrain vierge et qui pourra aussi bien être un caveau, qu’un lieu de rencontre.

Comment vous est venue cette idée de créer une barrique géante ?

C’est un projet qui me trotte dans la tête depuis une dizaine d’années au moins. […] Je voulais créer une barrique géante capable de surpasser la barrique Mercier à Reims (160 000 litres) et la barrique d’Heildeberg (195 000 litres).

Une barrique de géant ?

C’est une vraie barrique dont la taille a été multipliée par un peu plus de 1 300. Elle respecte les proportions d’une barrique normale sauf qu’elle mesure 12 mètres de longueur et 6 mètres de hauteur soit plus de 36 tonnes de bois et un peu plus de 5 tonnes d’acier. Au lieu de contenir 220 litres de vin, elle peut en contenir 300 000 !

À qui avez-vous fait appel pour mettre sur pieds cette barrique géante ?

C’est une fabrication 100% française que nous avons confiée aux établissements Mouysset Frères à Millau. Cette entreprise de menuiserie, Compagnons des devoirs, s’est tout de suite passionnée pour ce projet. Elle nous a aidé à travailler sur le prototype et à en faire un meuble ajusté dans le quel tout est vissé et chevillé. Cette barrique est démontable et remontable facilement. Pour l’installer, il suffira juste d’une prise électrique.

Écologique donc ?

Tous les matériaux utilisés le sont mais malheureusement nous n’arrivons pas à trouver de panneaux solaires courbes pour la rendre totalement autonome. Elle est fabriquée avec du chêne et équipée d’une installation LED à faible consommation. Le tout à l’égout fonctionne un peu comme sur un bateau. Il va y avoir des cuves qui seront régulièrement vidées et remplies. Il n’y a pas besoin de trous, ni de fondations pour l’installer. Un simple terrain suffit et elle est totalement autonome.

gerard-bru-7-officiel-gdÀ quoi va servir cette barrique géante ?

[…] Sachant qu’elle fait 50 m2 au sol, on peut envisager de l’installer comme caveau où l’on vendrait du vin, comme salle de réunion ou de séminaire, ou encore de cottage. C’est un concept qui va encore s’étoffer et s’améliorer avec le temps. Pour moi, c’est surtout une œuvre d’art ! D’ailleurs, j’ai décidé de la nommée Barrik’Art et de l’habiller de rouge !

[…]

D’où vous vient cette passion de la barrique ?

C’est une vieille histoire qui remonte à mon enfance. Une passion née à l’époque où mon grand-père était viticulteur et propriétaire de 4 hectares de vignes dans le Minervois. Je me souviens d’une vieille barrique dont il se servait une fois par an pour préparer la potion pour sulfater les vignes. Au moment de la préparation, on avait l’impression d’assister à la réalisation d’une potion magique. Cette barrique qui servait année après année, se couvrait de couleurs incroyables qui changeaient au fur et à mesure. Alors qu’il remuait le tout avec un vieux bâton attaché à une vieille chaîne, il nous interdisait de nous approcher. Je me souviens de couleurs incroyables et d’un bleu intense qui changeaient constamment, c’était pour moi le chaudron des sorcières. J’ai pendant des années été intrigué par cette barrique interdite et régulièrement rafistolée pour être réutilisée. Alors quand je me suis mis à faire du vin, j’ai utilisé des barriques. Il était inconcevable pour moi de les jeter, alors je les stockais. C’est comme cela qu’est venue l’idée de solliciter des artistes pour transformer ces barriques en œuvres d’art.

Combien de barriques d’artistes compte aujourd’hui votre collection ?

Aujourd’hui, la collection comprend 140 barriques réalisées par des artistes de la région mais aussi du monde entier. 70 d’entre elles sont proposées en Bib’Art.

Combien de Bib’Art produisez-vous par an ?

Avec ces 70 références nous produisons 200 000 Bib’Art par an. C’est un produit qui plaît beaucoup. D’ailleurs pour l’anecdote, je les retrouve souvent en vente sur les marchés aux puces de Montpellier. Elles deviennent un produit collector.

[…]

Vous avez racheté le Mas de Theyron en 2014, une autre de vos lubies ?

L’envie de voir autre chose et le besoin de faire de nouvelles choses… J’ai eu le coup de foudre pour ce domaine en appellation Languedoc Saint-Christol. C’est une très belle propriété vieille de 2000 ans et chargée d’histoire. Je m’y suis installé pour m’éloigner du Château Puech-Haut devenu un site œnologique très fréquenté et géré aujourd’hui par Didier Germain qui y organise en exclusivité des événements festifs.

C’est une nouvelle aventure viticole ? Un peu à l’image de Puech-Haut ?

Ce n’est pas la même chose. C’est une très belle propriété qui compte aujourd’hui un peu plus de 200 hectares et que je suis en train de faire évoluer. Mon objectif serait de faire du bon vin, du très bon vin. Le premier millésime du domaine devrait être proposé en 2016.

Passionné de terre, de vin, d’art, d’histoire, de cigare…

Je suis un passionné et je me donne les moyens de réaliser mes passions. Quand j’ai envie de faire quelque chose, je fonce et rien ne m’arrête… »